La ville, le journaliste et les blessures.

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Les réactions vives et passionnées que suscite l’article de Jean Quatremer (1) révèlent la profonde blessure qui saigne au coeur des bruxellois.

L’article, s’il a le mérite d’éviter la langue de bois, va quand même un peu vite en besogne.

La blessure n’est pas due à une urbanisation sauvage ou technocratique, sorte de délire des années 50 comme le suggère l’auteur.

Les plaies remontent plus loin dans le temps. Elles s’appellent Jonction Nord-Midi ou encore Voûtement de la Senne.

Cette ville porte les stigmates des vues pleines d’intérêts de la bourgeoisie libérale du 19ème siècle.

Lorsque les travaux de la Jonction furent terminés en 1952 (ils commencèrent en 1911), le mal était fait.

C’est seulement alors que les grands « visionnaires » purent se déchaîner sur le corps déjà meurtri: Expo Universelle, tunnels, viaduc, autoroutes urbaine, projet Manhattan…

Ils se jetèrent sur le corps blessé parce que déjà blessé, déjà pauvre, déjà mal aimé.

Cette ville n’a fait que décevoir les nantis, alors ils l’extorquent.

Nous ne pouvons pas expliquer autrement cette rage.

Si dans notre film nous avons voulu nous placer aux alentours de la Jonction, c’est pour nous positionner du côté de la plaie.

(1) dans Libération du 15 mai

http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2013/05/bruxelles-pas-belle-.html

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